
Belgique autrement : enfin !
Le premier colloque de Belgique autrement aura lieu le 19 avril à Bruxelles. 
La Belgique est un pays superbe au potentiel énorme. Sa capitale Bruxelles a une aura internationale et est la troisième ville la plus prospère d’Europe. Des institutions internationales y ont élu leur siège et la ville compte plus d’ambassadeurs et de journalistes que Washington DC. La Wallonie était, il y a cent ans, la deuxième région la plus riche du monde et certaines de ses sous-régions sont aujourd’hui au sommet de l’économie de la connaissance. La Flandre domine certaines niches du marché, telles que par exemple la nanotechnologie, et on y trouve de superbes villes médiévales. La Belgique possède d’ailleurs de nombreux atouts culturels et touristiques. Le pays compte trois langues officielles, et on estime qu’on y parle environ deux cents autres langues, un record mondial.
Il n’est donc pas étonnant que la Belgique ait été le berceau de nombreux industriels, scientifiques et hommes de culture de renommée mondiale. Pensons à Jacques Brel, Hugo Claus, René Magritte, Paul Delvaux, Anne Teresa De Keersmaeker, Ernest Solvay, Paul Janssen, Corneille Heymans, Ilya Prigogine, Christian de Duve, pour n’en nommer que quelques-uns. L’économie a de nombreux atouts. La logistique, la biotechnologie et l’aéronautique font partie du top mondial. Et de nombreux Belges dirigent des entreprises internationales.
Ces faits et le potentiel existant contrastent fortement avec une attitude provincialiste qui fait perdre beaucoup d’énergie, de temps et d’argent, et qui empêche de voir la diversité comme une source de richesse, aussi bien économique que culturelle. Ceux qui stigmatisent l’autre culture sont considérés comme des héros dans certains milieux. Stigmatiser paralyse, alors que la diversité et la collaboration mènent à plus de compétitivité.
Autrement ...
Le groupe de réflexion « La Belgique Autrement » plaide pour une autre manière de diriger et d’organiser la Belgique. Ce groupe veut contribuer à une Belgique efficace, et coupler la solidarité à la responsabilisation. Il ne s’agit pas de réfléchir en termes de différences, mais bien de rechercher des éléments qui nous lient. Nous sommes plus forts ensemble pour aborder efficacement les défis de la globalisation.
« La Belgique Autrement » ne s’oppose pas à une réforme de l’Etat, mais est opposée à une réforme comme but en soi, inspirée par des considérations dogmatiques ou idéologiques, avec comme unique objectif d’ôter toute substance au niveau fédéral, pour finalement le démanteler symboliquement. Une réforme de l’Etat doit être motivée par des considérations d’efficacité, accordant des compétences aux différents niveaux sur base d’une analyse objective « coûts/bénéfices ». Certaines compétences doivent être refédéralisées, comme par exemple les normes de bruit pour les avions ou la répartition des fréquences radios. D’autres domaines, comme le suivi des chômeurs, doivent être traités au niveau le plus proche possible du problème. L’efficacité, et non les dogmes, doit guider nos choix.
Bruxelles et son potentiel
Flamands et Wallons ne doivent plus considérer Bruxelles comme un obstacle à la scission, mais comme un potentiel sous-utilisé. Bruxelles est une marque réputée à l’étranger, et doit être exploitée dans ce sens. La dimension européenne de Bruxelles doit être optimalisée. Le développement de Bruxelles, en collaboration avec les autres régions, comme premier centre de congrès du monde ou comme centre financier de pointe - concurrent de Londres - est envisageable, si nous unissons nos forces.
Une relation polémique entre les Régions (ou les Communautés) doit faire place à une collaboration. Les Bruxellois, les Wallons, les Flamands et les Germanophones doivent (ré)apprendre à se connaître. Parler la langue de l’autre est important à cet égard. Le multilinguisme devrait être la norme et il faut viser et encourager le bilinguisme. Il faut prendre des initiatives dans ce sens. Des natifs de « l’autre côté de la frontière linguistique » doivent être impliqués massivement dans le multilinguisme sur une base de réciprocité. Le programme interrégional Erasmus doit encourager tous les étudiants à passer un semestre dans l’autre communauté. Les médias peuvent et doivent prendre beaucoup plus d’initiatives pour rapprocher les groupes linguistiques.
Des régions plus rentables, ensemble
La collaboration économique doit également être favorisée. Des entreprises flamandes investissent déjà massivement en Wallonie. Elles ont investi 800 millions d’euros ces sept dernières années et ont créé 2400 emplois. Il faut continuer à promouvoir ces investissements. Au mieux cela va en Wallonie, au mieux ce sera pour la Flandre. La Wallonie est d’ailleurs un marché « d’exportation » important pour la Flandre et représente, pour beaucoup d’entreprises, 15 à 20 % de leur chiffre d’affaires. La collaboration entre les fédérations professionnelles doit continuer à promouvoir les collaborations commerciales et économiques entre régions.
Dans ce cadre, il faut encourager la mobilité professionnelle et géographique. Le vieillissement frappe plus en Flandre qu’en Wallonie. La pénurie sur le marché du travail, dans certaines sous- régions, bride les capacités de croissance de beaucoup d’entreprises, laissant échapper un potentiel économique important. L’exploitation de ce potentiel est nécessaire pour assurer l’avenir de la sécurité sociale, y compris les pensions.
Nous, les Belges de demain
L’adage « un peuple - une nation - un état » est une vision archaïque de l’Etat, qui ne peut pas être le leitmotiv d’une Belgique solidaire, efficace et responsable. Le groupe de réflexion est convaincu qu’une organisation efficace de l’Etat, une collaboration poussée et l’utilisation de l’atout « Bruxelles », offrent les meilleures garanties pour l’avenir de la Belgique.
Ceci ne part pas des principes d’une « Belgique de Papa », mais de la meilleure façon de donner à la Belgique sa place dans un monde en mutation permanente. Ou, si vous préférez, d’une « Belgique pour nos enfants ». Le groupe de réflexion « La Belgique Autrement » participera, via l’organisation de colloques (le premier, le 19 avril) et de notes de réflexion, à la réussite de cet objectif.
Michèle Aerden, Rudy Aernoudt (président), Adrienne Axler, Fabienne Bister, Alain De Waele, Philippe D’heygere, Eric Domb, Dominique Estenne, Geneviève Galloy, Inge Geerdens, Catherine Gernay, Baudouin Gillis, Richard Hill, René Mannekens, Yves Nelissen, Tony Mary, Françoise Meunier, Nicolas Saverys, Cathy Schoels, Eddy Van Gelder, Emmanuel van Innis, Christian Varin, Baudouin Velge, Lydwine Verhaegen, Luc Willame, Yvan Huyghebaert.
Pour toute information sur le colloque ou sur le groupe de réflexion : www.belgique-autrement.be
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