Mon opinion...

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# 12/09/2007 à 18:45 nicolas
Je commencerai par dire que je n'ai pas signé la pétition, qui part d'une intention louable, mais qui a une dimension sentimale trop marquée, jouant de façon trop marquée en défaveur des Wallons, plus attachés sentimentalement à la Belgique que les Flamands, selon moi....
Or le problème communautaire doit d'abord être étudié de manière rationnelle...
Je dirai d'abord que je suis persuadé de l'intérêt crucial de la Wallonie pour l'avenir de la Flandre et donc de la Belgique, sur le plan humain(main d'oeuvre), territorial(surface inexploitée), ressources naturelles(eau, forets...)et de Bruxelles dont je ne parlerai pas ici(trop polémique)...
Je suis par ailleurs consterné par la stupidité des quelques Flamands qui hurlent "België Barst", ceux-ci voyant sans doute plus leur intérêt à court terme , surtout celui de quelques uns de leurs politiciens qui profitent et vivent de la crédulité d'une partie de la population que la réalité économique européenne et de la place de la Belgique en Europe, plusieurs économistes ayant d'ailleurs rappelé le faible intérêt économique à cette séparation...
Autant donc les Flamands(certains...)se leurrent selon moi autant je pense que ce mouvement doit servir de détonateur pour "exploser" ce système politico-économique socialiste Wallon complètement dépassé, qui, à'instar des politiciens extrémistes Flamands, vit de la crédulité et surtout de l'assistance dans lequels les Wallons(certains...) se complaisent...
Un gouvernement wallon, un à la communauté française, des gouvernements provinciaux...sans oublier le fédéral(3 ministres de la santé en Wallonie)sans parler des intercommunales et j'en passe......tout ce système de clientélisme politique est malsain, archaïque, et nuit au bon fonctionnement Wallon...Charleroi en est le pire exemple...
Les socialistes en sont responsables, historiquement...
Pourtant tous les socialistes ne sont sans doute pas à mettre dans le même panier: pour moi, un type comme Demotte est quelqu'un de travailleur, d'intelligent, et efficace...Par contre que dire des Happart, Moureaux, Onkelinkx, Arena, sans parler des vanCau , Cassart et cie...les pires...
N'y a t'il pas la un grand nettoyage à faire dans l'intérêt de tous, Wallons, Flamands...sauf peut être des politiciens qui en vivent?

Aux dernières élections il semble que les Wallons aient commencé à le comprendre en "punissant" le Ps qui a récolté tout de meme 30 % des voix...

Une pétition contre ces magouilles politiques et pour une réorganisation politique belge et surtout Wallone serait plus efficiente à l'avenir de la Belgique...

Bien à vous...
nicolas


# 13/09/2007 à 07:39 Marie-Claire
Bonjour Nicolas
merci de ta réaction que je partage en grande partie! Lorsque j'ai créé cette "petite pétition", je ne me doutais absolument pas du mouvement qui allait suivre! Je sais qu'elle est bine imparfaite et finalement, ne contient aucune vraie revendication.
Peut-être est ce justement pour cela qu'elle est aussi suivie? Parce qu'elle vient du coeur et que l"humain doit retrouver sa place dans les partis et la politisation à outrance.

Cette pétition n'a finalement pour objectif que de réveiller tous les Belges qui se contentent de suivre et de dire aux politiques: on est là et on a notre mot à dire!

Cette pétition ne doit pas mettre en cause un parti spécifique. Sur cette pétition signent des MR, des PS, des VLD, des royalistes et des republicains!
c'est cela qui fait sa richesse et démontre qu'on peut s'unir sur un projet commun.

Bien sûr, il faut aller plus loin...
Nous sommes tous convaincus, les "petits Belges" de l'ineptie et du gaspillage de tous ces ministres, gouverneme,nts etc.
Mais cela a été décidé il y a bien longtemps déja...et je ne saurai rien y changer.
A chacun de faire savoir son sentiment à ses élus! Mais comme ils se protègent et protègent leurs avantages....

La Wallonie doit se remettre en marche, travailler plus et mieux, regagner la confiance de ses habitants et partenaires!
peut-être les discussions qui s'ouvrent auront-elles des conséquences à long terme??
Je l'espère.
Bien à toi
# 13/09/2007 à 12:17 Bert
Nicolas, enfin!
Mes felicitation .... bonne analyse

Marie Claire, sans Belgique pas de gouvernement federal, pas de gaspiage!
# 13/09/2007 à 14:44 Alexandre Farnèse
Chère Marie-Claire et Nicolas,

Je trouve votre discussion très intéressante, bien plus intéressante que beaucoup de celles que l'on mène dans les universités ou dans les médias. Il me semble que pour bien en comprendre le sens, il faut opérer une distinction entre LE politique et LA politique.
La politique, que l'on ne trouve que dans les démocraties, c'est l'activité des partis et des lobbies en tous genres, les élections, les programmes électoraux et les candidats mis en concurrence, les débats télévisés, etc...Cette pétition en fait partie mais son contenu, lui, porte sur autre chose: il porte sur LE politique, cad l'existence même des communautés politiques, ici l'existence de la Belgique. Dans notre monde, ces communautés politiques ce sont les Etats-Nations. En fait dans toute l'histoire humaine connue, il n'y en a eu que trois formes, d'abord les Tribus, puis de 3000 avant JC à +/-1600 après JC les Empires et enfin les Nations.
LE politique n'est pas d'ordre émotionnel et LA politique d'ordre rationnel. Quelle connerie de penser celà... or c'est ce que l'on lit tous les jours dans les journaux. Une communauté politique ne peut survivre que si ses membres lui manifestent leur loyauté et, jusqu'à un certain point, s'identifient à elle. C'est ce qu'on appelle le patriotisme qui n'a rien à voir avec le nationalisme. Ce sont ces sentiments patriotiques belges que la pétition de Marie-Claire a permis d'exprimer à nouveau, de la part déjà de dizaines de milliers de personnes, alors qu'ils étaient censurés ou tournés en ridicule par les médias (plus encore que par les hommes politiques -la seule chose que je regrette dans cette pétition c'est qu'elle s'en prenne d'abord aux hommes politiques et "oublie" les médias). Je me permets de recopier ici un entretien donné au magazine Le Point par le philosophe français Marcel Gauchet en 2006:
Pourquoi le patriotisme est interdit
Entretien avec Marcel Gauchet Le Point, 17/08/2006
Quand vous observez la frénésie autour du Mondial, n’avez-vous pas l’impression que la France, ce n’est plus que le nom d’une équipe de football ?
Marcel Gauchet. — L’enthousiasme autour des exploits sportifs est le révélateur d’un interdit. Les peuples n’ont le droit d’exprimer leur patriotisme, d’ailleurs bon enfant, que dans le domaine du sport, alors que cela leur est interdit partout ailleurs. Selon la doctrine officielle, en effet, il ne doit plus être question d’intérêt national, car les nations, c’est le nationalisme, et le nationalisme, c’est le péché mortel.
Pourquoi les élites ont-elles instauré cet interdit ? Par souci d’éviter les guerres ou pour un intérêt bien compris ?
M. G. — La volonté d’échapper aux malheurs de l’histoire européenne a été salutaire. Mais nous avons affaire à un phénomène plus récent et d’une autre nature, où il ne s’agit plus seulement de désarmer les nationalismes - très bien -, mais de dépasser les nations. Cela au nom d’une idéologie qui s’est développée dans les années 80 et 90 et qui a pris deux formes. A gauche, l’idéologie des droits de l’homme a pris la relève de l’internationalisme prolétarien, tandis qu’à droite est apparu un néolibéralisme économique fou. Je ne suis pas de ceux, comme vous savez, qui sont hostiles au libéralisme, mais ce nouvel inégalitarisme porté par un capitalisme sans frontières me semble intenable. Il est pire, d’ailleurs, dans sa version européenne que dans sa version américaine.
La société est plus inégalitaire aux Etats-Unis, pourtant.
M. G. — C’est vrai, mais aux Etats-Unis le libéralisme est compensé par le sens de l’appartenance nationale. A chacun de faire ses preuves, mais dans le cadre d’une communauté d’égaux. Regardez, Warren Buffett donne sa fortune, car s’il trouve normal de gagner de l’argent il ne veut pas d’une caste d’héritiers sans mérite. Quand Antoine Zacharias [ex-PDG de Vinci] donnera son argent à l’abbé Pierre, on en reparlera ! La nouvelle religion de l’inégalité promue par les élites européennes réduit la valeur de l’homme du commun à rien. Elle les délivre de l’obligation de contribuer au bien de leurs pays.
Comment tenir un discours national ?
M. G. — L’évolution que je viens de décrire n’a rien d’inéluctable. Elle est le produit d’une conjoncture. Elle suscite déjà des réactions violentes des populations. Il va bien falloir retrouver le sens du pacte social. De là à instaurer à nouveau le « plébiscite de tous les jours », façon Renan... La formule est belle, mais pas très opératoire. Le plébiscite de tous les jours n’existe pas. Les processus de construction de l’identité collective sont essentiellement inconscients.
Sur quoi alors fonder le consensus politique ?
M. G. — Sur le sens des identités produites par l’Histoire, justement. Tous les pays ne se gouvernent pas de la même manière. La compréhension de la liberté n’est pas identique en Grande-Bretagne, en Allemagne ou en France. L’économisme a engendré des technocraties aveugles, qui ne connaissent qu’une seule recette et ignorent l’enracinement historique des pratiques collectives. Or les peuples veulent la continuation de leur histoire.

"Les peuples veulent la continuation de leur histoire"...Encore faudrait-il qu'ils la connaissent pour que leur conscience puisse se mettre en accord avec leur inconscient (ce que les médias appellent l'émotionnel). Par exemple, s'ils connaissaient l'histoire ils sauraient qu'il n'y a rien, mais absolument rien, de commun entre l'histoire de la Belgique et celle de la Tchéco-Slovaquie, que l'on nous ressert comme exemple ces jours-ci. Pour le saisir, il faut remonter avant 1830, au moins jusqu'au 16ème siècle. C'est à partir de cette plongée dans l'histoire que l'on peut comprendre ce que découvrent toutes les enquêtes européennes menées sur les valeurs depuis au moins cinquante ans: selon ces enquêtes, les flamands et les wallons sont bien plus proches que, par exemple, les flamands vis-à-vis des hollandais et les wallons vis-à-vis des français. L'existence de deux cultures est très largement un leurre. Tous les sociologues qui se sont intéressés au problème le savent très bien.
Le conflit flamand-wallon relève d'une autre cause. Il relève de LA politique. Plus précisément d'une manière de faire la politique inaugurée en 1912 par le wallon Jules Destrée, et poursuivie depuis lors, selon laquelle "il n'y a pas de Belges", il n'y a, en Belgique, que "des Wallons et des Flamands". Les historiens sont formels: il n'y a avant celà aucune trace de sentiment antibelge. Le mouvement flamand est un mouvement patriotique pro-Belge. Dans la devise du Davidsfonds créé en 1875, Godsdienst, Taal, Vaderland, Vaderland signifie très clairement Belgique. Le mouvement nationaliste flamand anti-belge se développe en réaction à ce séparatisme wallon qui freine et retarde l'établissement de l'égalité linguistique. Les francophones devraient prendre conscience que des tirades comme celle de monsieur Armand De Decker -tout patriote et tout bilingue qu'il soit- lors de l'émission Mise au point de ce dimanche sur la supériorité de la langue française ne sont plus supportables. Elles donnent en partie raison à monsieur Mathias Storme dont les reproches, pour relier ceci à une autre discussion sur ce forum (voir le débat du 9/9/2007), n'ont que peu à voir avec les positions de Messieurs Happart et Jean-Marie De Decker, qui sont objectivement des alliés dans le meurtre de notre identité nationale.
# 13/09/2007 à 16:53 G. HEYMANS
Waarom vijf regeringen, vijf parlementen???
Waarom geen referendum houden. Ik weet dat vlaamse extremisten hier grote schrik van hebben. Dat mag toch geen belemmernis zijn....
# 14/09/2007 à 19:43 Dominique
Bonjour Alexandre,
J'ai lu avec attention ce que vous avez écrit et j'ai appris plein de choses! Je suis tout à fait d'accord avec deux points :
- le Flamand et le Wallon sont bien plus proches l'un de l'autre que des pays voisins,
- les médias jouent dans ce conflit un très vilain rôle et ne font qu'attiser les rancoeurs!
Pour le reste, je trouve votre analyse très intéressante et instructive. Elle est claire et explique sans doute ce qui arrive à notre pays. Merci
# 14/09/2007 à 20:01 Alexander
En plus Milquet deteste le MR et elle culpabise les Flamands pour ceci. La bataille du pouvoir entre le PS et le MR est au base du fait qu´on a pas de gourvenement pour l´instant.
Milquet reve d´une CDH plus importante aux elections de 2009. Merci Joelle.
# 15/09/2007 à 00:16 J.Mottoulle
Ce qui me faire rire, mais a la fois est tellement vrai, c'est que ce que vous faites sans le savoir c'est partager l'opinion des mouvements unitaristes... c'est bien de parler, même très bien... mais agir est tellement mieu, la pétition est une chose, un début... mais il faut une finalité plus importante, vous parlez de changer les choses, mais ne voulez pas être des acteurs du changement. J'ai presque envie de vous demander de quoi vous avez peur ? Du changement ? Etre unitariste c'est vouloir 1 gouvernement, 9 provinces et 3 a 4 fois moins de ministres.
# 15/09/2007 à 02:08 Alexandre Farnese
A Dominique,
Merci pour votre message. Mais parfois, je me demande si nous ne sommes pas naïfs. Lundi, c'était Le Soir sur la Tchéco-slovaquie, aujourd'hui en ouvrant la télé au hasard vers 23h, je tombe à nouveau sur Christophe Deborsu en train de refaire un démontage-fiction de plaques de voitures en Slovaquie (comme nous allons devoir le faire bientôt, paraît-il, on nous apprend la technique). J'ouvre Le Vif-l'express et je tombe sur un interview, le deuxième en deux mois, du rattachiste Gendebien par Isabelle Philippon (elle fait très fort dans le genre Jurassic Park, la derniére fois, elle était parvenue à interviewer dans le même numéro Gendebien, François Perrin et quelques autres ptérodactyles dont les noms m'échappent mais qui seraient incapables à eux tous de rassembler plus de quarante personnes sur la Place-Saint-Lambert).
Bref, nous sommes de gros naïfs. La presse ne nous informe plus, ils disent d'ailleurs tous la même chose et ne cessent de se répéter. Il faut lâcher le mot: la propagande a remplacé l'information (propagande: action exercée sur l'opinion pour l'amener à avoir certaines idées politiques et sociales, à soutenir une politique, un gouvernement, un représentant). Une majorité des journalistes exercent une action continue sur l'opinion, flamande aussi bien que wallonne, pour la persuader qu'il n'y a plus rien à faire, que tout est déjà joué, qu'il faut euthanasier au plus vite ce vieux pays malade.
Exemple de manipulation grossière de la grammaire: l'utilisation constante du futur simple "sera" au lieu de "serait". Entrons-nous dans une sorte de "totalitarisme mou", selon l' expression du sociologue français Jean-Pierre Le Goff? Jusqu'ici je n'y croyais pas mais le sursaut démocratique se fait attendre...A choisir, je préfère certes Christophe Deborsu et Isabelle Philippon à Goebbels ou Beria mais ils ont hélas de plus en plus un petit air de famille.
Dans cet ordre d'idées, pour ceux que cela intéresse, voici le courrier qu'un collègue a envoyé au Soir concernant la Tchéco-Slovaquie.

A l'intention de Michel De Muelenaere,
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre dossier sur la Tchéco-Slovaquie. Je me permets cependant d'y apporter trois remarques:
1. Remarque formelle certes, mais qui fait la différence entre le militant et l'analyste, rôle que vous êtes supposé endosser en tant que journaliste (peu m'importe à vrai dire ce que vous pensez par ailleurs). Beaucoup de vos confrères et vous-même parlez de la partition au futur simple plutôt qu'au conditionnel: "Ce ne sera pas possible chez nous" écrivez-vous à propos de la dévaluation et du déficit utilisés par la Slovaquie pour soutenir la croissance. A l'heure ou même monsieur Fourniret est présenté sous le titre de "présumé coupable", ne vaudrait-il pas mieux accorder la même faveur a ce malheureux pays avant sa possible mise à mort.
2. Plus important maintenant. La culture, les réflexes, les institutions démocratiques n'étaient sans doute pas vraiment au mieux de leur forme en Slovaquie -vous le mentionnez dailleurs- après 40 ans de régime totalitaire. Le peuple Belge, on le voit bien au mouvement d'opinion qui se dessine, est d'un autre acabit démocratique. Il ne laisserait jamais ses "représentants" décider à sa place. Les référendums récents ont enregistré des décalages saisissants entre l'opinion populaire et les élites, aussi bien médiatiques que politiques qui vivent dailleurs en union incestueuse permanente. Plus de 80% des journalistes français étaient personnellement favorables à la constitution européenne et on sait aujourd'hui ce qu'il en est advenu. Méfiance donc.
3. Enfin le plus important. Le procès du "présentisme" contemporain n'est plus à faire. Cet enfermement dans le présent est d'autant plus étrange qu'il entre en contradiction avec les acquis les plus récents de la discipline historique: la découverte de la pesée exercée par ce que les historiens appellent l'histoire longue, couvrant des siècles voire des millénaires. Sur cette question, un livre récent éclaire de façon lumineuse ce qui reste pour nos contemporains une énigme majeure: la décomposition de l'Europe centrale et balkanique (Vestiges d'Empire de Pierre Béhar, 1999). La connaissance de l'histoire millénaire de ces contrées était le plus sûr prédicteur de leur destin récent et ce jusque dans les détails les plus menus. Il y a donc intérêt à connaître cette histoire quand on s'attaque à des dossiers comme celui-là. Je cite intégralement le passage le plus significatif pour ce qui nous concerne: "Ce qui s'accomplit le 1er janvier 1993 fut ainsi le très lointain prolongement d'un événement survenu à l'automne de 1918: c'était la suite de la décomposition de l'Autriche-Hongrie. De par leur réunion, l'Autriche et la Hongrie avaient maintenu juxtaposées la Bohème-Moravie et la Slovaquie. On avait désuni Autriche et Hongrie, en échange de quoi on avait prétendu réunir directement ces deux dernières provinces.(...) L'empire russe effondré, la Tchécoslovaquie, ce composé d'un vestige d'empire d' Autriche et d'un vestige de royaume de Hongrie, de lui-même se redécomposait. Les vainqueurs de 1918 avaient pu détruire l'empire austro-hongrois; il n'était pas en leur pouvoir d'en recoller des morceaux à leur gré."
Rien dans l'histoire longue de notre pays ne peut correspondre à la métaphore des appartements séparés artificiellement réunis sauf à la rigueur la réunion des pays-bas du Sud et de la principauté de Liège qui se sont réunis par consentement mutuel. Mais là encore l'histoire longue a une forte valeur prédictive: comme le montre Henri Pirenne, ce sont en réalité les jésuites qui, en 1612, ont dessiné avec précision la frontière linguistique pour assurer l'efficacité de leur prédication. Pour cela, ils ont scindé ce territoire en deux provinces, la province dite flandro-belge et la province dite gallo-belge, sans tenir compte des anciennes divisions administratives issues du moyen-âge. Ce que Pirenne ne pouvait pas prévoir et que nous constatons un siècle plus tard, c'est le caractère hautement prédicteur de cette structurarion quadricentenaire par les jésuites. Parodiant Béhar, on pourrait aujourd'hui écrire : "Ce qui s'accomplit en 1989 fut ainsi le très lointain prolongement d'un événement survenu en 1612. La consécration d'un Etat fédéral formé de deux communanautés aux dénominations asymétriques : la communauté flamande (ou flandro-belge) et la communauté française (ou gallo-belge)".
# 15/09/2007 à 09:27 Rod
Il y a quand même deux opinions publiques en Belgique, non ?

Les journalistes ne sont pas des êtres asexués. Ils ont aussi leurs opinions. A nous de faire le tri de ce qui relève du militantisme et ce qui ne l'est pas.

Il est légitime pour un journaliste d'anticiper. Dès lors, il est légitime de parler de scénarios à la Yougoslave, à la Tchécoslovaque etc etc.
J'ai regardé sur le net la fameuse émission sur la RTBF d'il y a un an. C'est un travail extraordinaire qui lançait une réflexion claire sur le risque d'une sécession de la Flandres et sur le risque de la radicalisation des opinions flamandes à la suite des élections de 2007. je conseille à tout le monde d'aller la revoir ...

Un risque peut être envisagé d'autant qu'il est réel et il est bien réel ... qu'on en attribue la cause à une élite ou non n'a d'ailleurs guère d'importance quand il s'agit de voir ce que l'on peut faire et où l'on va.

Prévoir des alternatives en cas de scission du pays fait partie à mon sens des réflexions qu'il convient d'avoir afin de ne pas être pris au dépourvu et à la limite rien n'empêche d'être unitariste en même temps ... ; le tout est de savoir si l'on préfère se mettre la tête dans le sable comme certains sur ce forum ou envisager toutes les possibilités en étant prévoyant ...
# 15/09/2007 à 11:14 Dominique
A Rod,
Ce n'est certainement pas l'émission de la RTBF que je mets en cause en accusant les médias d'attiser les conflits! Au contraire, j'ai trouvé cette émission formidable et j'ai d'ailleurs soutenu les journalistes qui avaient eu un fameux courage en signant la pétition en leur faveur. Cette émission a donné un coup de fouet à tout le monde. Mais ce qui me semble plus dangereux et pervers, ce sont ces remarques qui reviennent continuellement dans la presse. Chez les francophones, on nous présente le Flamand qui nous rejette. Et chez les néérlandophones, on accuse le Wallon d'être à la traîne, fainéant voire sale... Et c'est insidieux et ça n'arrête pas. Bref, les médias, pour moi, sèment la zizanie. C'est mon analyse très simple. Je trouve aussi votre façon de voir très juste. Il ne faut pas jouer à l'autruche.
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