Le sentiment de supériorité francophone

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# 27/09/2007 à 11:19 Alexander
Dans son édition du 3 août 2007, La Libre Belgique a publié un article intitulé «L'histoire s'explique mais ne se justifie pas» rédigé par Rudolf Rezsohazy, professeur émérite de l'UCL. Cet article accable une fois encore les Flamands en décrivant le principe de territorialité, qu'ils défendent dans les communes à facilités, comme un concept rétrograde voire ultranationaliste: «Le droit du sol est une idéologie élaborée par un nationalisme qui vénère la terre des ancêtres, la chérit, la chante et lui prête des vertus, l'appelle père ou mère. On arrive même à la baiser comme on embrasse un crucifix.»
En vérité, le principe de territorialité est tout simplement une question de bon sens: quiconque vient s'établir sur un territoire donné, se doit de s'adapter et de respecter les lois et règles qui y sont en vigueur mais aussi la langue qui y est parlée. Il s'agit d'ailleurs d'un concept juridique internationalement respecté et appliqué dans la plupart des Etats.
Pour ce qui est de la Belgique, ce furent bel et bien les Wallons – bien avant les Flamands – qui optèrent pour le principe de territorialité. D'ailleurs, même les francophones le reconnaissent – à l'image de feu Jean Daloze – dont l'article «Qu'est-ce que la territorialité?» sera prochainement mis en ligne sur mon blog.
Quand la frontière linguistique a été érigée dans les années trente, ce sont les Wallons qui ont rejeté le bilinguisme en voulant que leur territoire soit unilingue français (contrairement aux Flamands qui eux, étaient prêts à accepter le bilinguisme sur l'ensemble du territoire). Et lorsqu'en 1962, il a été proposé d'instaurer un régime de facilités linguistiques dans 8 communes du Brabant flamand et 3 communes du Brabant wallon, ce sont une fois de plus les Wallons qui ont exigé de limiter ce régime à six communes du Brabant flamand. D'ailleurs, je me demande bien quel politique wallon penserait à instaurer des facilités linguistiques pour les nombreux Flamands établis dans le Brabant wallon?
L'article de Rezsohazy n'offre donc qu'un reflet sélectif et partial de l'histoire et en particulier du principe de territorialité.
Cet article témoigne également de la mauvaise foi qui règne au sein d'une certaine élite politique et intellectuelle francophone. En effet, ceux-ci font l'apologie du principe de territorialité lorsqu'il s'agit de maintenir l'unilinguisme francophone de la Wallonie mais s'empressent de le vouer aux gémonies lorsque les Flamands désirent appliquer ce même principe sur leur territoire. Ils invoquent alors la reconnaissance du droit individuel dont jouit chaque francophone pour utiliser sa langue où bon lui semble.
Nous constatons d'ailleurs à Bruxelles ce que les francophones entendent par «droit individuel». Alors qu'ils exigent davantage de garanties légales pour permettre qu'en Flandre chaque citoyen francophone puisse utiliser exclusivement sa langue, ceux-ci exigent également la suppression de ces garanties légales à Bruxelles en voulant autoriser les fonctionnaires francophones à utiliser seulement le français. Il ne s'agit donc aucunement de droits individuels pour tout un chacun mais seulement pour les francophones. Pour Rezsohazy, il s'agit donc de la chose la plus naturelle au monde que «Bruxelles fut francisé par migration ou par l'expansion de la langue française». Selon lui, l'expansion de la langue française – quel que soit le contexte – constitue une donnée naturelle. Voici un bel exemple de sentiment de supériorité pour le moins suranné et extrême!
Qui donc peut-on qualifier de rétrograde et d'extrêmement nationaliste?
Ceux qui veulent appliquer en toute logique le principe de territorialité aux deux regions linguistiques? Ou ceux qui estiment que les francophones doivent jouir de droits individuels en Flandre auxquels les Flamands n'ont pas droit en Wallonie?
Ceux qui veulent maintenir et respecter les frontières régionales et linguistiques? Ou ceux qui veulent amputer la Flandre des communes où un nombre considérable de francophones sont venus élire domicile?
Ceux qui veulent traiter les deux langues nationales sur le même pied d'égalité et appliquer le principe de réciprocité de part et d'autre de la frontière linguistique? Ou ceux qui raisonnent uniquement en termes d'expansion «naturelle» de la langue française et donc de refoulement tout aussi «naturel» de la langue néerlandaise?
Rezsohazy – ainsi que la Belgique francophone dans son ensemble – ferait mieux de d'abord mettre en question leur propre comportement avant d'accuser les Flamands d'appliquer une idéologie obsolète et un nationalisme extrême. Le refus d'accepter le principe de réciprocité, le fait de se cramponner au concept complètement suranné de la «supériorité» de la langue française; ainsi que la stratégie délibérée de démonisation des Flamands... Tant d'éléments qui contribuent véritablement à mettre en péril la survie de ce pays.
# 03/10/2007 à 00:17 Alexandre Farnese
Entièrement d'accord avec cette analyse. Ce sont les francophones qui ont introduit le virus séparatiste en Belgique. Qu'est-ce que cela signifie d'avoir choisi le 27 septembre, jour de la victoire des révoltés belges, pour fêter la "communauté française"? C'est une imposture.
Il ne s'agit pas de se "repentir" mais de regarder froidement comment nous avons pu, par actions et réactions, en arriver au marasme dans lequel nous avons plongé ce pays. Pouvons-nous encore nous ressaisir?
Je le crois mais cela va être dur. Le seul vrai problème objectif, dans tout cela, c'est la terrible barrière de la langue. Rien d'autre. Les disparités économiques peuvent se corriger même si ça prend du temps et de l'énergie. Les différences culturelles sont largement exagérées et elles sont plutôt enrichissantes (j'adore personnellement aller, en fin d'année, à une fête de famille en Flandres et puis à une autre en Wallonie).
Mais la barrière de la langue, cela reste et restera toujours un défi à relever. Chacun doit donc se poser la question: est-ce que je veux relever ce défi, oui ou non?
# 03/10/2007 à 16:00 Bert
Quelle barrierre, pas en flandre ...
Le flamand moyen connais trois langue, c'est le wallonie qui a un probleme ...
Pourquoi un flamand doit connaitre au mois deux langue en plus pour avoir les meme diplome d'un francophones .... Tout les Belge pas egalle pour la loi?
# 04/10/2007 à 17:48 Alexandre Farnèse
Mais enfin, Bert, je dis la même chose que vous, il me semble. Je marque mon accord avec un message qui s'appelle "le sentiment de supériorité francophone" et je critique les francophones d'avoir usurpé une date hautement symbolique pour tous les Belges en leur disant : si vous êtes vraiment patriotes comme vous semblez le suggérer en choisissant le 27 septembre pour fêter la communauté "française", reconnaissez que c'est vous qui avez lancé l'idée séparatiste, c'est un fait, et que vous devez alors mettre vos actes en accord avec vos idéaux en surmontant la barrière de la langue. J'ai vécu plusieurs années aux USA et je n'ai rencontré que de rares américains bilingues mais pour eux pas de problème, le monde entier parle anglais. Les francophones belges qui tiennent au pays doivent faire un effort supplémentaire par rapport à ce qui est demandé à l'Américain moyen (ou au Chinois ou au Russe moyen) qui ne sont ni plus cons ni moins cons que les Flamands. A chacun de voir s'il est prêt a relever le défi. A quoi ça sert de connaitre le français si vous ne VOULEZ pas comprendre ce que les autres écrivent!
# 05/10/2007 à 00:21 Aristide
Bert, qu'est ce que vous écrivez comme bêtise.

Depuis quand un flamand doit parler 3 langues pour avoir le même diplôme qu'un francophone.

C'est n'importe quoi ce que vous écrivez.

1. L'enseignement est une compétence communautaire.
2. L'homologuation des diplôme est fédérale.
3. L'€urope vient d'harmoniser les études supérieures.

Alors maintenant s'il vous plait, arrêtez de raconter n'impore quoi sur ce foru.

# 05/10/2007 à 11:30 Bert
Alexandre, ok (ik doe wel mij best om Frans te lezen)

Aristide,
Als Vlaming ben ik verplicht Nederlands en Frans te volgen. Franstaligen hebben de keuze bij tweede taal.

Mijn chef (hij is 45), heeft een hoger diploma als ik en heeft nooit Nederlands gevolgd op school ... dus is er een verschil.
Misschien wordt daar nu iets aan gedaan, maar het feit dat de franstaligen geen of weining kennis hebben van tweede en derde landstaal moet van ergens komen.
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