Didier Reynders : oui à la cuillerée de

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# 24/10/2007 à 09:10 Liégeois
Dans un entretien du journal De Morgen (17 octobre 2007), M. Reynders semble vouloir accepter la cuillerée de sucre offerte par Bart De Wever. En échange d’un peu d’argent, il serait prêt à renoncer à des objectifs politiques majeurs tels que l’élargissement de la région bruxelloise et l’établissement d’une continuité territoriale entre la Wallonie et Bruxelles.

On assisterait ainsi à un double reniement. Le MR dirait « oui » à la scission de BHV. Et il reconnaîtrait que les Francophones sont demandeurs, notamment de gros sous pour Bruxelles et de refédéralisation de certaines compétences (lesquelles ?)

M. Reynders revient aussi à la charge avec une lubie belgiciste, celle d’une « circonscription électorale nationale » où seraient élus une cinquantaine de députés fédéraux supplémentaires !

Idée absurde s’il en est, car ces députés seraient de toute manière répartis selon des quotas forfaitaires attribués au préalable à chaque communauté. On sait que ce système, peu démocratique car il viole les principes du suffrage universel, est déjà en vigueur à Bruxelles, à l’occasion des élections régionales. Une circonscription fédérale aurait un autre inconvénient : les Bruxellois et les Wallons sont nombreux à aimer leurs maîtres et il faut s’attendre à les voir voter massivement et abusivement pour des candidats qu’ils prendront, à tort, pour des « bons Flamands ».

En tout état de cause, les partis flamands ont déjà exprimé leur opposition à une circonscription fédérale.

On se souviendra aussi qu’en 1979 déjà, M. Charles-Ferdinand Nothomb, président du PSC pourtant ultra-belgicain, avait repoussé un projet similaire caressé par M. Léo Tindemans, ancien premier ministre CVP. C’est en vain que celui-ci avait proposé une circonscription nationale unique pour les élections européennes de 1979.

Aujourd’hui, il se trouve des responsables politiques francophones, notamment au MR et chez Ecolo, pour se montrer plus belgicistes et plus réactionnaires que M. Nothomb lui-même. Il faut le faire ! La presse, qui a manifestement la mémoire courte, ne s’en est pas encore aperçue.

Conclusion (provisoire) : les reniements cyniques du président du MR sont conformes à la longue histoire de la famille libérale, celle d’un banc de sable…

Quant à M. Reynders, l’image de la Wallonie qu’il donne à la Flandre risque bien d’être conforme à ce que pensait un Bert Anciaux (Ministre Spirit-Sp-a) il y a quelques années : « Les Francophones ? Ils commencent par dire non, mais ils finissent toujours par dire oui. »

Comme beaucoup d’autres avant lui, le petit coq liégeois Reynders ne serait-il pas en fin de compte qu’un très ordinaire coucou de Malines ?

En attendant, en déforçant gravement le camp francophone, le MR a donné un nouveau coup de poignard dans le dos des Wallons et des Bruxellois. Et les contorsions de M. Maingain n’y changeront rien.
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