Appel de Culture et Démocratie/Kunst en Democratie

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# 14/05/2008 à 17:58 Un petit Belge (site web)
Notre pays traverse l'une des crises les plus graves de son histoire. Si elle a pu sembler se terminer avec la formation d'un gouvernement, chacun sait que le malaise est profond, que les causes en sont multiples et que les prochaines négociations institutionnelles seront très difficiles. Nous sommes convaincus que cette crise comporte une forte dimension culturelle.

Depuis plus d'un quart de siècle, la culture est une compétence des communautés. Cette autonomie culturelle est positive. Cependant, au lieu de s'enrichir de leurs différences, nos communautés ne cessent de s'éloigner, de se replier sur elles-mêmes. Depuis 1993, Culture et Démocratie et Kunst en Democratie plaident pour la mise en place d'accords de coopération entre nos communautés. Jusqu'à présent, sans résultat. On constate aujourd'hui toutes les conséquences de ce refus : les opinions publiques en viennent à s'ignorer. Désinformation, incompréhension, voire carricature à l'égard de l'autre communauté, difficulté grandissante à dégager des accords politiques au profit de toutes les parties, montée du nationalisme, discours et comportements intolérants,... Cette dynamique-là participe à la montée des extrémismes, en Europe ou dans le monde. Elle est inquiétante.

Le monde artistique et intellectuel refuse de se reconnaître dans le nationalisme! Au contraire, les artistes et institutions culturelles sont nombreux à poursuivre une collaboration active avec l'autre communauté et, par là, à vouloir surmonter les barrières linguistiques, communautaires, nationales, culturelles, ... Quel que soit l'avenir institutionnel du pays et les intérêts économiques souvent considérés à court terme, les valeurs fondamentales doivent l'emporter. Le dialogue et le respect de l'autre en font partie. Toute stratégie basée sur la confrontation et la contrainte est contraire aux idéaux européens dont se réclament notre pays et sa capitale, qui est aussi celle de l'Union Européenne. 2008 est l'année européenne du dialogue interculturel, n'est-ce pas l'occasion de renforcer le dialogue entre toutes les communautés de ce pays?

C'est pourquoi nous invitons les artistes et acteurs culturels de nos communautés à dialoguer, à mettre en avant ce qui les relie, à prendre des initiatives nouvelles dans le respect de l'identité des uns et des autres. Concrètement, en partenariat avec des médias de chaque communauté (presse écrite, radio et télévision), nous proposons que soient publiés, très régulièrement, des textes signés par des artistes originaires des différentes communautés. Selon les cas, il s'agira d'un interview, un dialogue, un texte commun ou d'une contribution sous forme d'intervention artistique. De même, nous proposons aux responsables d'institutions culturelles flamandes et francophones - certains s'y sont déjà engagés - de construire des projets communs sous des formes qu'il leur appartient de décider (échanges d'artistes, débats, parrainages, etc.). Ces initiatives devraient se prolonger aussi longtemps que nécessaire. Quand le mal est profond, la thérapie doit s'attaquer à sa racine. Il est urgent de rétablir la communication et le dialogue. Nous sommes prêts à y contribuer.

Cet appel a été publié le 10 mai 2008 dans les quotidiens "De Morgen" et "Le Soir". Il est soutenu, entre autres, par les cinéastes Chantal Akerman, Marion Hänsel, Luc et Jean-Pierre Dardenne, le poète Julos Beaucarne, les comédiens Sam Touzani et Jacqueline Bir, les artistes Jacques Charlier et Jan Fabre, la chorégraphe Anne-Teresa De Keersmaecker, les écrivains Jacques De Decker, Caroline Lamarche, Erik de Kuyper, Jean-Luc Outers, Oscar van den Boogaard et Annelies Verbeke, le baryton José Van Dam, le concepteur de spectacles Franco Dragone, les chanteurs Axelle Red et Saule, le dessinateur François Schuiten, etc. (plus d'infos sur www.cultureetdemocratie.be).

http://journalpetitbelge.blogspot.com
# 14/05/2008 à 21:55 Azrael
CITATIONS DE PETIT BELGE
COMMENTAIRES SI JE PUIS ME PERMETTRE


"Notre pays traverse l'une des crises les plus graves de son histoire. Si elle a pu sembler se terminer avec la formation d'un gouvernement, chacun sait que le malaise est profond, que les causes en sont multiples et que les prochaines négociations institutionnelles seront très difficiles."

Appréciable que vous vous en rendiez compte.
Notez en passant que la difficulté dont vous parlez n'est pas future: elle existe depuis des décennies et s'exacerbe de manière exponentielle depuis le 10 juin 07.
Mais il n'est jamais trop tard pour se rendre compte de la réalité.
Félicitations.

"Nous sommes convaincus que cette crise comporte une forte dimension culturelle."

Culturelle ??? Je dirais plutôt ethnique.
Vous me répondrez avec raison que la culture dépend de l'ethnie. Pudiquement, j'évite ici le mot "race".

" Cependant, au lieu de s'enrichir de leurs différences, nos communautés ne cessent de s'éloigner, de se replier sur elles-mêmes."

Pourquoi voudriez-vous que l'enrichissement des ethnies se fassent réciproquement ? Cela va à l'encontre de toute logique. L'histoire des pays et civilisations nous apprend que les différences n'ont jamais réuni mais toujours divisé.

"Désinformation, incompréhension, voire carricature à l'égard de l'autre communauté, difficulté grandissante à dégager des accords politiques au profit de toutes les parties, montée du nationalisme, discours et comportements intolérants,... "

Dès que tout réalisme va à l'encontre des rêves, il est curieux de constater que les termes des nostalgiques d'une utopie deviennent grandiloquents.

"Le monde artistique et intellectuel refuse de se reconnaître dans le nationalisme! Au contraire, les artistes et institutions culturelles sont nombreux à poursuivre une collaboration active avec l'autre communauté et, par là, à vouloir surmonter les barrières linguistiques, communautaires, nationales, culturelles, ..."

Ben évidemment, le fonds de commerce fout le camp...

"Toute stratégie basée sur la confrontation et la contrainte est contraire aux idéaux européens dont se réclament notre pays et sa capitale, qui est aussi celle de l'Union Européenne. 2008 est l'année européenne du dialogue interculturel, n'est-ce pas l'occasion de renforcer le dialogue entre toutes les communautés de ce pays?"

Ben oui.... Traduisez cela dans la langue majoritaire de ce pays et lisez ce que leurs utilisateurs vous répondront...

"Ces initiatives devraient se prolonger aussi longtemps que nécessaire. Quand le mal est profond, la thérapie doit s'attaquer à sa racine. Il est urgent de rétablir la communication et le dialogue. Nous sommes prêts à y contribuer."

Tout barouf d'honneur est compréhensible en effet.
Sauf qu'il fait perdre du temps aux réalistes.
Je suis confiant cependant: "le terme" est proche et le temps de construire du solide ne sera plus perdu très longtemps.

Je vous sens plein d'amertume Petit Belge.
Serait-ce le début d'une véritable prise de conscience d'une réalité?
Sachez que beaucoup raisonnent déjà en termes "d'après-Belgique" et que les solutions apparaissent de plus en plus évidentes.





# 15/05/2008 à 00:44 Guillaume
Petit Belge, votre plaidoyer, aussi âprement défendu soit-il, ne me convainc pas, il tend même à me conforter dans l'idée que ce pays est à l'agonie. Ce genre de mesures avancées possèdent un ton si péremptoire, si artificielles, qu'elles en pertent de leur crédibilité. En effet, pourquoi vouloir imposer l'édification d'un pont au dessus d'une mer morte, j'entend par là le dessein illusoire de maintenir cette chimère qu'est la Belgique ? La culture n'a pas à être exploitée et imposée au profit d'une idéologie nationaliste, c'est la mépriser que de l'utiliser à de telles fins. Le miracle de l'art ne peut se produire que par une démarche personnelle, intime et dénaturée d'arrière pensée.

Cette démarche n'a pas à être altérée par d'obscurs et mesquins sentiments belgicains, couvert par une fallacieuse volonté d'instruire grâcieusement le bas peuple. Si aujourd'hui un fossé s'est creusé et ne cessera de s'agrandir entre francophones et Flamands, cela n'est que le constat cinglant de la réalité d'un pays artificiel et voué à la mort. Exiger un enseignement culturel dirigé, c'est accepter implicitement que de peuple belge il n'en existe pas, si ce n'est sur le papier.

La montée de telles idées velléitaires et autoritaires sont le signe avant-coureur d'une séparation certaine. A nous de la négocier de la meilleure des manières , mais je crains que l'obscurantisme belgicain n'enterre irrémédiablement la Wallonie dans des abymes de déchéance. La Flandre, belliqueuse, arrogante et méprisante, prépare son indépendance sur notre dos, en préparant ses frontières qui englobent Bruxelles. J'ose espérer que les francophones auront enfin un sursaut de dignité et de lucidité, au lieu de se raccrocher mortellement à une nostalgie égoiste et destructrice.


« Sire (...) Vous régnez sur deux peuples. Il y a en Belgique, des Wallons et des Flamands ; il n'y a pas de Belges. »

Jules Destrée

# 15/05/2008 à 17:04 Un petit Belge (site web)
Petite précision : ce n'est pas moi qui suis l'auteur du texte ci-dessus. J'ai repris intégralement l'appel de l'asbl bilingue Kunst en Democratie/Culture et Démocratie. Toutes les phrases de cet appel ont été rédigées et soutenues par une série d'artistes et responsables culturels. Si vous avez des questions sur leurs motivations, je vous invite à les contacter directement. Ce n'est pas à moi à répondre à leur place.
# 15/05/2008 à 18:03 Michel de Bruxelles
Guillaume, je ne suis pas d'accord quand vous déclarez que la culture est exploitée à des fins nationalistes ou belgicains. Nous vivons en démocratie et chacun a le droit d'exprimer son avis. Ce n'est pas parce qu'on appartient au monde culturel qu'on n'a pas d'opinions et qu'on ne peut pas être engagé. Dans le cas présent, il y a un appel de l'asbl Kunst en Democratie en faveur d'une meilleure collaboration culturelle entre nos communautés. Ce texte n'a été imposé à personne. Les personnes qui l'ont signé ont le droit de montrer publiquement leur attachement à l'unité de la Belgique. Ce n'est pas parce que vous ne partagez pas l'avis de ces artistes qu'il faut critiquer leur démarche. La société civile (et pas uniquement nos responsables politiques) a le droit - et même le devoir - de s'engager dans les grands débats de société.

# 16/05/2008 à 09:35 Azrael
@ Petit Belge

Certes vous n'en êtes pas l'auteur.
Mais vous diffusez ce texte tous azimuts et donc en amplifiez la visibilité.
C'est donc que vous rejoignez la démarche de ces personnes en la soutenant.
C'est pourquoi vous devriez comprendre la contradiction dont vous faites ici l'objet vu que vous suscitez le débat dans ce forum.
Libre à vous maintenant de répercuter nos avis contradictoires là où vous avez pêché l'information que vous relayez.
# 10/06/2008 à 15:21 Un petit Belge (site web)
Selon une étude de la KUL réalisée auprès d'un millier d'électeurs flamands entre septembre 2007 et janvier 2008 :

45,8 % sont pour un Etat fédéral où les régions et communautés reçoivent encore plus de compétences.
20,2 % sont pour un statu quo institutionnel.
10,9 % veulent un Etat fédéral plus fort.
11,4 % souhaitent le retour à une Belgique unitaire (suppression des régions et communautés).
9,4 % sont pour la scission de la Belgique.
# 10/06/2008 à 15:40 Azrael
Je vous renvoie à la réponse adressée à Madame HOUARD à ce sujet.

Ou si vous préférez, elle est tirée du site suivant:

http://www.deboutlawallonie.net/Actualites/Les_actualites_de_Didier_Melin/tabid/69/Default.aspx
# 11/06/2008 à 22:23 Azrael
Notre ami Petit Belge amplifie un appel à la démocratie.

J'aimerais lui demandé ce qu'il pense de cette initiative à Overijse qui me rappelle vaguement une autre épuration ethnique commise il y a 70 ans dans un pays voisin.


Purification linguistique: la commune d'Overijse installe une centrale de dénonciation
Overijse est une commune flamande de 24.000 habitants située dans la périphérie sud-est de Bruxelles. Elle compte une importante minorité francophone et étrangère, dont de nombreux ressortissants européens qui travaillent au siège de l’Union Européenne à Bruxelles. En février 2008, cette commune s’était déjà distinguée en demandant à un fonctionnaire européen qui avait mis sa maison en vente de retirer le panneau "For Sale" qu’il avait apposé sur sa façade à côté du panneau "Te Koop" ("A Vendre ").

Dans son courrier, le Collège des Bourgmestre et Echevins expliquait que seule la langue néerlandaise est tolérée en matière commerciale. Fin octobre 2007, une entreprise de déménagement, tout juste installée, avait reçu une lettre de la commune lui enjoignant de respecter le caractère flamand d'Overijse en retirant son enseigne bilingue.

Dans son journal d’information "De Overijsenaar" de juin 2008 , la commune d'Overijse annonce qu'elle a désormais ouvert une centrale de dénonciation pour les citoyens flamands afin d'interdire tout ce qui pourrait être interprété comme une infraction au statut linguistique néerlandophone de la commune. "Quand on habite en Flandre, on est flamand", résume Dirk Brankaer, le bourgmestre CD&V/N-VA (le cartel chrétiens et indépendantistes du Premier Ministre Flamand de la Belgique, Yves Leterme). Il ajoute que les services de police feront appliquer le règlement communal qui, selon lui, prime sur la Constitution belge dans laquelle la liberté linguistique prévaut en matière commerciale. Au-delà de la dénonciation communautaire qui nous rappelle des heures bien sombres de notre histoire, on peut s’interroger sur les risques de dérives qu’un tel règlement peut entraîner.



Ci-jointe la version française du texte:



“La commune d’Overijse a installé, avec l’aide de quelques volontaires, une centrale de dénonciation où les citoyens peuvent venir déposer des plaintes linguistiques. Des brochures publicitaires toute-boîtes dans une autre langue, des panneaux d’agences immobilières dans une autre langue, … vous pouvez les communiquer ainsi que d’autres infractions au statut linguistique néerlandophone de la commune d’Overijse à taalklacht@gmail.com. Décrivez toujours bien les circonstances précises (lien et moment) et stipulez l’information de la manière suivante: nom et adresse, et des éléménts de preuve tels qu’une photo ou une copie d’une brochure …. La commune d’Overijse peut ensuite, en fonction de la nature de la plainte, adresser une requête amicale à l’entreprise ou au commerce. De toute façon, fin 2008, la commune donnera aux entreprises et aux commerces et sociétés commerciales des conseils pratiques pour former le caractère néerlandophone de notre commune. Les plaintes écrites peuvent être adressées à la Commune d’Overijse – Direction Flamande, Place Justus Lipsius, 9, à 3090 Overijse."

Ca fait plaisir de se sentir aimés ....
# 04/04/2009 à 14:12 Un petit Belge (site web)
Azraël, je lis - avec beaucoup de retard - votre commentaire sur Overijse. Je n'ai jamais nié qu'il y avait des problèmes communautaires dans certains endroits. Je regrette cependant qu'on médiatise beaucoup plus ces problèmes que les nombreux échanges et collaborations entre Flamands et Wallons qui fonctionnent parfaitement. Ce n'est pas parce qu'il y a des problèmes à Overijse que les acteurs culturels de l'asbl Kunst en Democratie/Culture et Démocratie ne peuvent pas faire entendre leur voix...
# 04/04/2009 à 18:14 azrael
Cette même commune d'Overijse vient de refuser de reconnaître légales les signatures de ses administrés au bas des documents destinés à permettre à RWF d'être présent aux élections.
Sympa la démocratie à la flamande.

Quant à la médiatisation des méfaits de la Flandre, heureusement pour vous, on vous cache pas mal dans les media du belgium. Il nous faut lire la presse étarngère pour apprendre certaines choses.
ne vous plaignez donc pas trop ....
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