100 jours sans gouvernement

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# 17/09/2007 à 22:28 André Dassy
Marie-Claire,
Je vous ai entendue tout à l'heure dans le JT de la RTBF. Je vous ai entendue dénoncer les politiciens qui, d'après vous, ne s'occuperaient pas des vrais problèmes des gens: problèmes économiques, sociaux, ...
Je trouve ces propos dangereux car ils jettent l'opprobe sur la classe politique déjà tant décriée.
Je les trouve injustes,aussi, pour les politiciens francophones. Ceux-ci n'arrêtent pas de dire qu'ils souhaitent des négociations sur l'économique, le social, ...Cette attente, reste hélas, vaine. Pourquoi?
Parce que il ya des hommes politiques belges, flamands,en face, qui ont une toute autre attente. Pour eux, c'est le communautaire qui prime. Ces hommes politiques flamands sont tout aussi légitimes que les nôtres.
Votre réaction de bonne Belge francophone (le communautaire, c'est pas important) ne peut que les irriter .
A mon sens, nous sommes plus que jamais dans l'impasse. Il serait urgent que votre pétition trouve un large écho en Flandre pour retourner la situation dans le sens que vous désirez.
Mais, à ce propos, quel est le pourcentage de signataires néerlandophones de votre pétition?
C'est ce chiffre qui pourrait tout conditionner?
# 18/09/2007 à 00:06 Alexandre Farnese
Décidément, André Dassy, l'autre jour, vous vous faites le chantre de la subsidiarité, je vous propose quelques objections et vous ne daignez même pas me répondre. Ici nous sommes à nouveau devant un problème de hiérarchisation. Les signataires signent d'abord en tant que belges. Le fait qu'ils soient francophones ou néérlandophones passe au second plan. Je suis même persuadé qu'un certain nombre de bilingues n'ont pas réfléchi en quelle langue ils allaient signer parce qu'ils ne raisonnaient pas en termes stratégiques. Le gros problème de ce pays c'est que tout est compté en comparant le nord et le sud, sondages, enquêtes...toutes les autres différences disparaissent devant celles-là. Eh bien non, nous ne nous reconnaissons plus dans ces comptages et nous voulons sortir de ce piège qui nous enferme depuis cinquante ans. Beaucoup de Belges au nord le veulent aussi mais ils subissent une pression sociale plus forte que les francophones. Il faut donc plus longtemps pour que la mayonnaise prenne. Mais elle prend, je peux vous l'assurer. Dix mille signatures en néérlandais c'est déjà une victoire.
# 18/09/2007 à 00:48 Alexandre Farnese
Excusez mon erreur. La subsidiarité, ça venait de Pascal de Roubaix. Mais votre intervention sur le débat télévisé est aussi ambigüe. Vous félicitez d'abord Marie-Claire pour son intervention et puis dans la phrase suivante vous fustigez la naïveté de son initiative. C'est cette ambiguïté qui affaiblit tous les discours wallons. Vivre c'est choisir. Ou bien on choisit d'être patriote et on met tout en oeuvre pour que son pays continue à exister, ou bien on ne l'est pas et on fait des calculs infinis pour peser les avantages et les inconvénients de chaque configuration. Ce que les nationalistes flamands ne cessent de dénoncer sur ce site: ce qui vous attache à la Belgique, vous wallons, ce sont les avantages que vous tirez de votre union avec la Flandre riche...Eh bien nous, flamands autant que wallons, nous disons, NON :ce qui m'attache à la Belgique, c'est la Belgique. Et cette couillonade que l'on entend tous les jours dans les milieux médiatico-politiques ne tient pas debout: si la Flandre prend son indépendance, on gardera le nom Belgique pour l'entité Wallonie-Bruxelles! S'ils aimaient vraiment la Belgique, ils ne pourraient jamais parler comme cela: si je vois ma bien-aimée coupée en deux par un train (ici, le train de l'histoire et ses "accidents"), est-ce que je vais conserver son nom pour une des parties? Laquelle, le haut ou le bas? C'est complètement ridicule. Ces gens sont devenus fous et ils veulent nous entraîner dans leur délire.
# 18/09/2007 à 09:16 Rod
En cas de sécession de la Flandres, conserver le nom "Belgique" pour le reste ... ? peut-être ... pourquoi pas ... mais la personnalité juridique avec tout ce que cela implique je ne suis pas si sûr ...
# 18/09/2007 à 14:21 Red
Pourquoi devrions-nous garder le nom "Belgique"?
C'est justement à cause de toutes les brimades, les discriminations, que m'a fait subir ce "pays" que je suis devenu séparatiste.
Que l'on fasse les choses en bien, cette fois.
# 18/09/2007 à 18:22 André Dassy
Cher Alexandre Farnèse,
ouf, vous m'accusiez d'un crime que je n'avais pas commis. Vous avez reconnu votre erreur, merci.
Vous dites que je suis ambigu, pas du tout. Il se fait que je sais reconnaître les mérites d'une personne, même si je ne suis pas d'accord avec elle. Marie-Claire s'est bien débrouillée sur le plateau de la RTBF, mes félicitations.
Maintenant, sur le fond du problème, je ne suis pas d'accord avec vous.
Vous entretenez avec la Belgique une relation passionnée. La Belgique, c'est "comme votre bien aimée". En d'autres temps, vous seriez sans doute mort pour elle.
Moi, je suis plutôt comme Brassens qui chante "mourrons pour des idées (pays), mais de mort lente.
J'ai bien réfléchi (est-ce un tort?) à la Belgique et la comparaison qui me semble la plus juste est la comparaison de la mère avec ses deux enfants.
La Belgique avait deux enfants. Elle les a maltraités tous les deux. L'enfant flamand a été ignoré pendant longtemps, il a dû se battre pour être reconnu. Aujourd'hui, cet enfant n'aime plus trop sa maman. L'enfant wallon, lui, avait beaucoup d'avantages à la naissance. On l'a bien exploité et quand les temps changèrent, il fut abandonné à ses problèmes et délaissé.
Vous voyez, moi aussi j'aime les belles images.
Je ne suis pas contre la Belgique, je préférerais un pays ouvert, tolérant, multilingue, solidaire à une région racrapotée sur elle-même.
Malheureusement, il y a un principe de réalité dont il faut tenir compte. Les Flamands ont voté pour des partis séparatistes ou confédéralistes. C'est comme ça.

# 18/09/2007 à 19:39 Alexandre Farnese
Il n'est pas question de mourir, heureusement. La Belgique est un des endroits les plus pacifiques au monde et cela ne changera pas. Je suis aussi un grand amoureux de Brassens et je lutte surtout, (voir mon autre message) contre la confusion et la bêtise même si:
Il y a peu de chance qu'on
Détrône le roi des cons.
Si tous les peuples devait liquider leur mère- patrie sous prétexte qu'elle les a maltraités, l'Allemagne et la Russie seraient les premières à entrer dans le couloir de la mort suivies par beaucoup d'autres. La Belgique viendrait bien loin derrière.
Je ne comprends pas cette idée de principe de réalité. Mais j'ai déjà souvent entendu souvent un raisonnement comme le vôtre , même de la part de constitutionnalistes patentés. Il me semble que, dans la réalité, il y a un principe de réalité simple: on ne peut pas être à la fois avant et après, dedans et dehors, avoir le beurre et l'argent du beurre. Donc toutes ces affaires de prévision et d'anticipation ne me semblent pas très fondées. Elles justifient le matraquage médiatique d'images-choc supposées frapper les esprits. Il faut bien continuer à vendre du papier et à faire de l'audience dans les intervalles qui séparent les tsunamis et les catastrophes aériennes!
Un référendum, c'est autre chose. Là justement, on est dans la réalité, il faut choisir. Les journaux peuvent faire campagne pour ou contre. Et la question c'est: qu'est-ce qu'André Dassy et Alexandre Farnese vont cocher dans l'isoloir. Moi, je le sais... et vous?
Quant au coup de force d'une partition sans référendum, nous ne l'accepterons jamais, ni moi, ni, à voir ce qu'ils disent sur le site de la pétition, beaucoup d'autres .
# 18/09/2007 à 21:15 André Dassy
Cher Alexandre Farnèse,
le principe de réalité est pourtant simple à comprendre. La réalité est implacable et vous rattape toujours.
Parlons maintenant du référendum.
C'est une belle idée très démocratique. Mais, vous n'êtes pas sans savoir qu'un référendum fut organisé en 1950. Il déboucha sur une quasi guerre civile (ce qui montre que la Belgique ne fut pas toujours cet endroit pacifique dont vous parlez) entre wallons et Flamands (déjà). Raison pour laquelle, les politiques d'aujourd'hui sont très prudents avec cette idée.
Mais, admettons qu'un référendum soit organisé (c'est un beau jeu de l'esprit que de l'imaginer). Je pense que la question devrait être à choix multiples ( vous ne pouvez pas vous contenter d'une simple question du genre : "êtes-vous pour ou contre la Belgique?", le mot Belgique recouvrant trop de sens différents). La question a choix multiples pourrait être: "Quelle Belgique souhaitez-vous pour l'avenir?"
Ici, plusieurs choix seraient soumis aux Belges.
1.Une Belgique basée sur les provinces (comme avant),
2.Une Belgique fédérale (comme maintenant) avec quelques légers aménagements,
3.Une Belgique confédérale (deux ou trois régions autonomes qui s'entendent sur le minimum: armée, dette, ...; cela semble être le projet flamand actuel)
4.Plus de Belgique.
Dans l'isoloir, je ne sais pas ce que vous cocheriez (1 ou 2 j'imagine). Pour ma part, je cocherais le 2 malgré que je n'ai pas la même relation que vous avec la Belgique.
Mais, principe de réalité oblige, que voteraient en majorité nos voisins flamands?
Je parierais gros qu'ils voteraient en grosse majorité pour la solution 3 et un certain nombre pour la 4.
Comme les flamands sont plus nombreux que nous, la solution 3 l'emporterait certainement sur l'ensemble du pays (les Francophones se dispersant en plus entre les solutions 1 et 2)
Que ferions-nous de ce résultat? Nous n'aurions plus qu'à nous incliner devant le vote démocratique et à regretter cette idée sotte d'avoir fait un référendum.
J'espère vous avoir fait réfléchir un peu à l'idée qu'un référendum, c'est très risqué (surtout pour les partisans comme-vous d'une Belgique unie).
Pour ma part, je me suis fait à l'idée que les flamands allaient nous lacher tôt ou tard (2, 3 ans);
Je pense donc qu'il faut nous préparer à l'après-Belgique.
# 18/09/2007 à 23:34 Alexandre Farnese
Réponse à André Dassy,

Nos discussions deviennent intéressantes, cher André Dassy. Je suis trop fatigué pour vous répondre ce soir (il est 23h20) mais je suis déjà très heureux de savoir que vous choisiriez 2. Quant à moi, à vrai dire, je ne sais pas bien si je choisirais 1 ou 2. Il faudrait que je réfléchisse et que les choses soient mieux définies. Mais je vous répondrai plus longuement un jour prochain sur l'interprétation à donner concernant le 12 mars 1950, car c'est une blessure de l'histoire qui n'est pas encore refermée.
Pour le reste, avez-vous vu la manifestation pro-belge à LLN sur le site du BUB ou sur You Tube. Quelques milliers d'étudiants qui chantent deux fois la brabançonne et qui font une ovation au tribun lorsqu'il proclame: on veut tous devenir bilingues. Ce qui compte ici, ce n'est pas tant le nombre, c'est l'énergie thermonucléaire que dégageait la manifestation, crevant littéralement l'écran de l'ordinateur.
# 19/09/2007 à 11:53 Bert
En hebben we ze gemist ....
Wat mij betreft komt deze regering er nooit en nemen de gewestregeringen de zaken over. Beter, sneller en goedkoper! en het koningshuis ..... krijgen jullie.
# 19/09/2007 à 11:57 Alexander
Andre, en Flandre on n'aura jamais une manifestation comme a LLN. Devenir bilingues, je pense qu'il est trop tard pour ca.
On vit en 2007, pour les eleves en Flandre, le francais n'est pas une langue facile et ca compte aussi pour le neerlandais pour les francophones. On est dans une monde globale ou l'Anglais est devenu la langue mondiale et parler et ecrire l'Anglais comme deuxieme langue est beaucoup plus interessant.
Une enquete dans het Laatste Nieuws a montre que la population flamande est derriere Leterme, d'ailleurs on a vote en masse pour lui et pour les reformes d'etat. Les Flamands d'aujourd'hui ne sont pas les memes que d'autrefois. On ose dire 'non' aussi et c'est un signal democratique (donne par des elections). Dans la Derniere Heure on voit tous ses maisons avec le tricolor. Malheureusement, il n'y a pas marque que la pluspart ce sont des francophones ou des menages franco-neerlandophones. La meme chose avec l'enquete de Marie-Claire.
Le probleme n'est plus historique comme Alexandre veut pretendre, d'ailleurs interessant mais pas plus qu'un fait divers. (a Gand, en 1830 la bourgeoisie francophone etait contre la Belgique et pour Guillaume II d'Hollande, je veux juste montrer que on peut tout prouver avec l'histoire).
Le grand probleme est socio-economique, plustot que linguistique.
Pourquoi il y a autant de francophones qui sont enregistres a Knokke ou a la cote. Parce qu'ils ont une grande avantage financiere ou parce qu'ils aiment la cote flamande?
J'espere que cette petite example peut exprimer que pour la Flandre, la Wallonie bloque son progres dans une sense. Pour ceci, personellement un etat confederale Belge avec responsabilite financiere pour chaque region est sans doute la solution. Ceci est naturellement une opinion personelle.

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